Il y a un peu moins de 6 ans, un terrible événement a plongé la France dans un deuil national : l’attentat de Charlie Hebdo. Le procès des terroristes, initialement prévu pour le début de l’été 2020, a été retardé à cause de la pandémie.

Charlie Hebdo fait déjà polémique depuis plusieurs années quand, le 7 janvier 2015, est publié le n°1177 de l’hebdomadaire. A la Une ? Une caricature de l’auteur Michel Houellebecq dont le nouveau roman, Soumission, décrit ce que serait une France musulmane. Dans le journal ? D’autres dessins, comme celui, prémonitoire, de Charb qui représente un musulman armé sous le titre “Toujours pas d’attentat en France”  ou encore celui du chef de l’Etat islamique souhaitant la bonne année.

Durant la conférence de rédaction de Charlie Hebdo du mercredi 7 janvier, les frères Kouachi attaquent les locaux du journal, armés de Kalachnikov. L’attentat est, par la suite, revendiqué par le groupe terroriste Al-Qaïda. La fusillade fait 12 morts, dont 7 dessinateurs et chroniqueurs, le correcteur du journal, l’agent de protection de Charb et un policier qui s’était opposé aux frères qui sortaient des locaux, ainsi que 11 blessés (dont 4 grièvement).

Le 8 janvier, Amedy Coulibaly tue une policière municipale stagiaire à Montrouge. Le 9 janvier, il s’introduit dans un supermarché casher de la porte de Vincennes. Il tue immédiatement trois personnes et en prend en otage dix-sept autres, dont l’une est tuée peu après, portant à quatre le nombre des morts.

Le même jour, les deux frères, retranchés dans une imprimerie au Nord de Paris, seront abattus lors de l’assaut lancé par les membres du GIGN.

Une semaine après, le n°1178 du journal satirique paraît tout de même. A la Une, un homme musulman enturbanné tient une pancarte “Je suis Charlie”, en référence au mouvement de solidarité et de soutien qui a soulevé les Français. Cependant, le message “Tout est pardonné” s’oppose à la forme provocatrice de la tête caricaturée du musulman.

5 ans et 8 mois après, le procès des terroristes se tient enfin : 14 prévenus sont accusés d’avoir participé indirectement à l’attaque, mais 11 seulement prennent part à l’audience. Celle-ci est d’une durée tragiquement record en matière terroriste, environ 2 mois de débats sont prévus, du 2 septembre au 10 novembre. Une autre première pour des faits terroristes : le procès sera filmé et les enregistrements seront réalisés puis transmis à l’administration des archives de France. Les auteurs des attentats sont, tous les trois morts, abattus par les forces de l’ordre.

Quelques chiffres :

  • 49 jours
  • 144 témoins
  • 94 avocats
  • 90 médias, dont 27 étrangers
  • 200 parties civiles (rescapés, familles de victimes…)

Les accusés risquent jusqu’à 20 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Le parquet a requis que dix personnes en détention répondent du chef d’accusation de complicités d’assassinat terroriste, association de malfaiteurs terroriste criminelle et association de malfaiteurs, selon leur rôle présumé.

Le djihadiste Peter Cherif, suspecté d’être le commanditaire de l’attentat contre Charlie Hebdo, ne fait pas partie des personnes jugées, rien n’ayant pu être judiciairement établi sur son rôle. L’homme, arrêté en décembre 2018 à Djibouti après des mois de cavale, a cependant été mis en examen, en juillet, pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » dans un volet disjoint du dossier principal.

Une des témoins, ex-employée d’une société voisine des locaux attaqués, déclare à la barre :

“L’attentat, c’est comme une cicatrice, je la vois tous les jours. Et si je commence à la gratter, elle me fait mal. Il y a des maux qu’on ne peut pas exprimer par des mots.”

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