Septembre marque le départ de la rentrée littéraire, et avec la sortie de plus de 500 livres en moins d’un mois, il peut être difficile de s’y retrouver ! Fred, libraire à la Femme Renard, au centre-ville de Montauban, vous guide à travers les sorties pour découvrir les meilleures nouveautés.

Malgré la crise, cette année, les grands éditeurs frappent fort et publient les livres les plus attendus avec pas moins de 520 sorties. D’autres éditeurs, eux, préfèrent mettre en avant des premiers ouvrages d’auteurs méconnus mais talentueux. Fred a bien voulu nous présenter les coups de cœur de la librairie aux vitrines soignées et chaleureuses, et aux étagères pleines de livres formant un joyeux bazar coloré aux bandeaux d’avis interpellant les visiteurs. Mangas, policiers, littérature… Aucun domaine n’y échappe.

Reportage mené à la Librairie La Femme Renard, 21 Rue de la République, à Montauban (Instagram @lafemmerenard).

Littérature française et étrangère

Comme chaque année, les grands auteurs classiques publient leur nouvelle œuvre : Amélie Nothomb avec Les Aérostats (éd. Albin Michel) et une quatrième de couverture laconiquement mystérieuse « La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir. » ; Muriel Barbery avec son récit court mais beau d’Une rose seule (éd. Actes Sud), racontant la poursuite d’un testament au Japon par Rose, femme métamorphosée ; ou encore Comme un empire dans un empire (éd. Flammarion) d’Alice Zeniter.

Cependant, éditeurs ambitieux et libraires curieux veulent sortir des sentiers battus. Fred nous précise que, pour lui, le but est de “Réveler aux gens de nouvelles voix.” C’est ainsi que Laurent Petitmangin se révèle au public avec Ce qu’il faut de nuit (éd. La Manufacture de Livres), roman actuel et poignant déjà primé plusieurs fois en moins d’un mois. La librairie annote sur un bandeau son ressenti.

“Que faire quand un de ses fils commence à se radicaliser ? Un premier roman bouleversant, d’une extrême sensibilité, sur l’amour paternel.”

Nickel Boys (éd. Albin Michel) de Colson Whitehead, écrivain américain, se détache aussi avec un double prix Pulitzer, fait rarissime, et son intrigue historique sur les violences et le racisme en Amérique. Des livres humoristiques sont aussi mis en avant avec par exemple Le Discours (éd. Folio) de Fabrice Caro, que nos libraires qualifient de “roman le plus drôle de l’année” ! A signaler également la littérature contemporaine italienne de Stefano Massini avec Les frères Lehman (éd. 10/18).

“Colson Whitehead rend hommage à des centaines de pensionnaires d’un centre de redressement. Subissant des sévices d’une extrême violence, ils ont disparu dans l’indifférence générale. Leur seul tort : être Noirs dans cette Amérique maître des droits civiques et profondément raciste. Beaucoup d’empathie et de pudeur dans cet hommage poignant et intense… Un grand écrivain !”

Polars et thrillers

Fred m’emmène ensuite du côté des policiers, thrillers et compagnie avec une quantité astronomique d’ouvrages, dont certains attirent le regard avec des avis montrant l’originalité du livre en question. 3 Secondes des Scandinaves Roslund et Hellström (éd. Livre de Poche) m’interpellent. Je dois avouer avoir lu ce dernier, ainsi que sa suite, un thriller véritablement effréné et inédit, comme le confirme son bandeau !

D’autres ouvrages rivalisent de talent par leur couverture originale, leurs avis élogieux et accrocheurs, dont les noms d’auteurs ne nous sont pas forcément connus. Encore ici, de possibles perles qui sortent des sentiers battus des grands classiques policiers français et européens.

Certains livres, d’outre-Atlantique cette fois-ci, se hissent littéralement au-dessus de l’océan des rentrées, avec les avis épatés des libraires. Ce lien entre nous (éd. Sonatine) de l’Américain David Joy, dans un cadre de bout du monde détaillé dans son bandeau élogieux, aux côtés de Les Dynamiteurs (éd. Gallmeister), roman noir de son concitoyen Benjamin Whitmer, sont mis en avant.

“Dans une région désolée des Appalaches, Darl Moody s’occupe comme il peut. En l’occurrence, en braconnant sur des terres voisines. Mais un soir, il tue accidentellement un homme. Pas de chance, c’est un membre du clan Brewer, la famille de déglingos du coin. La descente aux enfers peut commencer !”

Nous terminons sur un autre auteur mis en avant, Olivier Mak-Bouchard, auteur Français, qui signe son premier roman Le Dit du Mistral (éd. Le Tripode), un conte romancé et provençal.

“Nous sommes ici en présence d’un vrai conteur qui, avec une langue poétique (et quelle langue !), va nous plonger dans une Provence quasi mythologique. Une révélation !!!”

Mangas, beaux-arts et bandes-dessinées

Dans l’attente de la rentrée des bandes-dessinées d’octobre, avec, qui sait, un “album illustré sur Astérix qui déchaînera les foules”, selon notre libraire Fred, ou les beaux-arts avec ses livres travaillés attendus pour novembre, son collègue nous conseille en vrac quelques mangas. Parmi eux, la réédition de la série Old Boy, l’histoire d’un homme enfermé pendant une décennie puis libéré sans raison qui ne veut que trouver les commanditaires, ou encore le cinquième tome final de Samurai 8 : La Légende d’Hachimaru, entre galactique et fantastique ; 5 Minutes Forward, trilogie nouvelle, se détache avec son intrigue de voyage temporel dans un cadre apocalyptique, accompagné de la série des 7 Ninjas d’Efu qui se veut plus traditionnel avec une intrigue purement japonaise, historique et guerrière.

Comment la librairie a t-elle traversé la crise ?

Fred me parle ensuite sur des répercussions de la crise sanitaire sur la librairie. Pendant le confinement, les Montalbanais ont soutenu La Femme Renard avec une multitude de commandes. Mais lorsque s’est posée la question de la réouverture au public, les inquiétudes se sont profilées.

“En mai, on était dans le flou total, nous explique-t-il. Mais il y a eu une demande impressionnante dès la réouverture. Les gens ne prenaient plus 1 ou 2 livres, mais 3, 4, même 5, et dans tous les domaines.”

Malgré les mesures de sécurité qui limitent à 10 personnes par étage la clientèle, empêchant la venue d’auteurs, des solutions ont été imaginées. Les réseaux sociaux comme Instagram et Facebook sont encore plus sollicités, dans la continuité du confinement, pendant lequel nos libraires partageaient leurs lectures ; des tables sont installées à l’extérieur avec de futurs rendez-vous avec des auteurs, notamment de jeunesse en septembre. Bref, des idées pour rester positifs au-delà de la crise. 

“Nous avons eu un très très bel été. Beaucoup de touristes qui ne venaient pas forcément dans le Sud sont venus à Montauban et à la librairie, à la place des touristes étrangers habituels.”

Une bonne nouvelle pour la grande librairie indépendante de Montauban qui fonctionne heureusement bien pour que son équipe de libraires passionnés puissent nous initier à toujours plus de livres, et nous faire découvrir des auteurs et œuvres insoupçonnés !

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