— par Quentin M.

Depuis quelques semaines, tous les regards sont tournés vers le conflit turco-syrien, qui a repris de plus belle depuis l’offensive turque. Risque de guerre, échauffements russes, vagues migratoires en Grèce, on vous explique tout.


Illustration : Image de ville bombardée – Source : L’Express

En août 2019, Recep Tayyip Erdogan et Bachar al-Assad, dirigeants turc et syrien, s’accordent sur un cessez-le-feu commun, après de longues années de guerres incessantes à la frontière turco-syrienne pour le contrôle du Kurdistan syrien et de la province d’Idleb [voir carte ci-contre]. Cette dernière est envahie et contrôlée par le gouvernement turc ; la situation est donc instable. Malgré la trêve, des frappes turques ou syriennes ont parfois lieu. Cependant, le 16 décembre dernier, Damas ordonne officiellement la reprise des territoires pris et lance des offensives sur les Turcs occupants.

Une guerre de territoire

Un engrenage inéluctable se met alors en place. Au 1er mars 2020, la situation est hors de contrôle. Le gouvernement Erdogan annonce l’opération « Bouclier du Printemps » visant à « mettre fin aux massacres du régime [syrien] » avec des mesures drastiques telles que l’intensification de l’abattage des avions ennemis ou d’attaques de drones.

La province syrienne d’Idleb, comptant plus de trois millions d’habitants, est le théâtre de massacres [voir image ci-dessous] aussi bien terrestres — combats entre jihadistes et rebelles — qu’aériens, avec l’opposition entre l’aviation syrienne appuyée par les Russes et les Turcs.

Par ailleurs, un paradoxe assez surprenant est visible avec le gouvernement Poutine, qui soutient à la fois les Syriens et les Turcs mais tient à prendre le parti syrien pour le conflit, ce qui risque d’aggraver les tensions diplomatiques existantes.


Carte de la Syrie –  Source : Radio Canada

Réactions internationales et européennes

Alors que l’ONU qualifie le conflit comme « la plus grosse crise aujourd’hui dans le monde », la migration de la population locale, estimée à un million, échauffe les relations internationales. Depuis l’ouverture des frontières grecques par la Turquie, qui laisse passer un flot continu de migrants sur les îles grecques de Lesbos, Samos et Chios, la situation provoque la colère du gouvernement grec, qui y est opposé. Ankara utiliserait par ailleurs la migration des populations vers l’Europe comme moyen de pression à son entrée dans l’Union européenne depuis quelques années. Ursula von der Leyen, commissaire européenne, s’y oppose farouchement et promet son aide à Athènes.

Bref, le conflit se généralise internationalement et n’est pas près de s’arrêter. Rappelons-le, la guerre locale fait rage avec 370 000 morts et des millions de réfugiés depuis 2011. Une guerre internationale pourrait-elle éclater ? Des conséquences migratoires ou internationales sont-elles à craindre ?

Image Vedette : Image par Michael Gaida de Pixabay

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