L’information démêlée

— par Quentin M.

         De l’Article 49-3 aux motions de censure de l’Assemblée nationale contre le président Macron en passant par la réforme des retraites entrainent des manifestations dans tout le pays et le mouvement des Gilets jaunes, la France subit une crise politique assez complexe. Nous démêlons l’information en revenant aux sources !

17 novembre 2018. Contestation économique et mouvement des Gilets jaunes. En novembre 2018, le peuple français se lève face aux mesures récentes du Gouvernement. La hausse du prix de l’essence, première ressource énergétique utilisée par de nombreux Français quotidiennement, marque une contestation sans précédent. Le premier jour d’appel à manifester, de 287 700 à 1,3 million  de citoyens descendent dans la rue pour manifester, mais aussi pour réclamer une hausse du niveau de vie des classes moyennes et populaires. Représentatif des manifestants, de l’objet gilet jaune nait le mouvement dont le nombre de manifestants ne flanchera pas les mois suivants, jusqu’à une accalmie à la mi-2019, tandis que des manifestations similaires éclatent en Espagne, au Chili ou aux États-Unis.

carte de France avec légende « Pourcentage de Gilets jaunes rapporté à la population” :
1,8-6,8%, 1-1,8%, 0,3-1%, 0,04-0,3%. 24 nov. 2018, ministère de l’Intérieur

          5 décembre 2019. Proposition du projet de réforme des retraites à l’Assemblée nationale. Le 5 décembre dernier, la réforme des retraites est proposée à l’Assemblée. Celle-ci consiste à fusionner 42 régimes de retraites différents — enseignement, agriculture, secteur privé, SNCF, RATP, … —  en un régime universel donnant les mêmes droits à tous. Un système de points accumulés selon le revenu tout au long de la carrière remplace le décompte en trimestres travaillés qui, selon le Gouvernement, permettrait 8 milliards€ d’économies annuels et placerait l’âge de départ à 63,4 ans, bien que cet âge ne soit pas encore fixé précisément en attente de l’adoption du projet. Les contestations syndicales et citoyennes éclatent de nouveau, n’amenant à aucun accord jusqu’à la mesure radicale du gouvernement Philippe.


Illustration: photo de l’Assemblée nationale

29 février 2020. 49-3 et motions de censure, un froid entre le législatif et l’exécutif.  Il y a quelques semaines seulement, le gouvernement Philippe tente un passage en force en utilisant « l’arme constitutionnelle », c’est-à-dire l’article 49-3 de la Constitution, parfaitement légal mais aux conséquences fortes.

« Le Premier ministre peut […] engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet de loi de finances ou de financement de la Sécurité sociale. Dans ce cas, ce projet est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, […] est votée […] » Constitution française, Article 49-3.

 

L’Assemblée s’indigne de l’action gouvernementale et décide de déposer deux motions de censure envers la présidence. Malgré la contestation, le 3 mars, la réforme des régimes spéciaux est adoptée, suivie le 5 mars de l’adoption de la loi organique, c’est-à-dire du système de retraites. Cependant, les récents événements de confinement ont suspendu les débats, et le Premier ministre a annoncé une suspension du projet de réforme.

 

  1. Selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur et le décompte effectué par le syndicat France Police, Policiers en Colère
  2. Données d’âge pivot et économies annuelles fournies par reforme-retraite.gouv.fr 

 

 

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